celia gouveiac

Celia Gouveiac née au Brésil en 1970 dans une famille de 7 enfants, Celia Gouveiac a dû très tôt trouver sa place et conquérir sa liberté. Et se elle pensait enfant que le monde s’arrêtait à la ligne d’horizon, elle n’a eu de cesse depuis que de la franchir. Fascinée par les chefs-d’oeuvre des grands maîtres de la peinture européenne, ces artistes n’étaient pas seulement peintres ou sculpteurs mais aussi architectes, historiens philosophes et, la plupart du temps, rebelles. Marchant dans les pas de ces illustre prédécesseurs, la jeune femme quittera son Brésil natal attirée par la ville Lumière… Paris. C’est là, qu’elle rencontre son maître, le sculpteur Pétrus qui l’initie durant trois ans aux arts plastiques. C’est une révélation. Ce nouveau médium lui permet d’exprimer toute sa créativité et de dénouer ce qui à l’intérieur, fait noeud… « J’ai sûrement une dette envers l’humanité » confie-t-elle.
Sa soif de connaissance et de sens est inextinguible et la pousse à aller au-delà du jeu des apparences, au-delà des limites de notre humanité et d’elle-même. L’artiste se retrouve sans doute quelque part dans le regard poignant des enfants de la rue qu’elle photographie et peint puis initie à la peinture, à l’art comme une tentative de sauvetage de ces détresses multiples. Son premier tableau, qu’elle n’a jamais voulu vendre, révèle toute son intensité picturale. Cette petite fille habillée de rouge, dont le regard nous transperce donne le sens de son travail et amorce la série « Portrait d’Enfance”. Des portraits qui rendent leur dignité aux enfants abandonnés à la violence d’un monde impitoyable, où l’on est prêt à tout pour simplement survivre. Le regard pénétrant, grave et émouvant de ces laissés pour compte nous interpelle sur notre capacité à aimer et secourir, sur notre qualité d’être humain.
Avec le « Cri des espoirs”, l’artiste va encore plus loin. Comme si le regard grave de ses portraits d’enfant, projet commencé en 1998, n’était plus suffisant pour lever la chape de notre indifférence. La palette de peinture, jetable et utilisée comme outil de base, s’est imposée peu à peu comme
support et est devenue l’oeuvre d’art elle-même. A travers elle, les visages de ces enfants évoluent, changent et expriment leur cri avec une force à la limite du soutenable. Les enfants ici ne représentent plus un blanc, un noir, un oriental…
Ils se fondent en un visage universel qui lance un cri, avec l’espoir de se faire entendre. Celia Gouveiac est une artiste engagée. Engagée dans un combat contre l’injustice, l’indifférence, la violence, l’inconscience. L’art est son arme pacifiste à vocation humanitaire qui milite pour un monde plus solidaire, plus conscient. Un monde qui ouvre les yeux et les oreilles et que perçoit enfin le cri silencieux de ces millions d’enfants déclassés, délaissés, de ces enfants que l’on n’entend pas, que l’on ne voit pas et qu’il lui faut, à toute force, révéler.
Brésilienne et avant tout citoyenne du monde, le travail de cette talentueuse artiste tend aujourd’hui vers une oeuvre conceptuelle, humaniste et universelle. Le projet Yes to Life ! est une allégorie et résume la quintessence de sa philosophie. « Yes to Life » est une sculpture d’une main droite semi ouverte signant un « OK », nous rappelant en cela la position de la main du Bouddha. Cette main, volontairement créée asexuée et vierge de lignes de vie, se veut éveilleur de conscience. « Je l’ai voulu puissante, dotée d’une éthique fondamentalement positive et fédératrice, elle ne représente aucun courant religieux, dogmatique ou politique et n’adhère à aucun diktat » précise l’artiste. Ce projet d’installation conceptuelle et monumentale a été créé au cours d’une longue et enrichissante recherche symbolique liée à la position de l’être dans l’interface miroir contemporain. Sa vocation est d’émettre une vibration de pensées positives en guise de contre poids à la tourmente mondiale actuelle. Mettant ainsi l’accent sur la capacité de chaque être humain à décider pour lui-même du sens qu’il veut donner à son existence individuelle et par là même collective. Yes to life ! nous invite à réfléchir sur le sens de ce « oui à la vie ». Oui à la vie, certes ! Mais oui à quelle vie ? C’est la question ouverte par l’artiste est sa prolongation… une main… non pas tendue mais destinée à voyager autour du monde pour délivrer son
message de fraternité universelle.


Valérie Penven
Journaliste