INTERVIEW

Une artiste en éveil, Célia GOUVEIAC installer à Nice depuis un an.

1 -Comment vous êtes vous révélée à la peinture ?

Tout a commencé très tôt. Je me suis intéressée à une collection de livres sur les  grands maîtres de la peinture européenne. Je me sentais émue et impuissante devant ces chef-d’œuvres et leur histoire, ils n’étaient pas seulement peintres ou sculpteurs mais aussi architectes, historiens, philosophes. Leur parcours  me fascinait, ainsi que leur coté bohème, indépendant et un peu voyou.

Je m’étais promise de m’y essayer un jour. L’art m’a toujours fascinée, depuis l’enfance. J’ai étudié la danse, le théâtre et la musique et j’ai fait du    théâtre pendant dix   ans avant de découvrir ce que représentaient les arts plastiques dans ma vie.

2- Pourquoi avoir choisi le sud de la France ?

Je suis une fille du sud! J’ai suivi une formation de sculpture pendant trois ans à l’Académie PETRUS à Paris. Paris… la raison pour laquelle je suis venue en France, la ville Lumière m’a séduite mais c’est l’extraordinaire lumière naturelle de la Côte d’Azur qui m’a conquise. C’est pourquoi j’ai choisi Nice. Ouvrir mon atelier galerie et pouvoir partager et échanger cette sensation étrange et extraordinaire de croire que l’on peut créer une œuvre d’art est aussi découvrir tout ce que nous ignorons de nous-mêmes.

3  Pourquoi avoir choisi l’enfance démunie parmi une des vous séries de peintures ?

Voilà une longue histoire. J’ai sûrement une dette envers l’humanitaire. C’est mon premier tableau, une petite fille habillée de rouge, (un tableau qui plait  beaucoup mais que  je n’ai jamais voulu vendre). J’ai été inspirée par cette petite fille et les idées sont venues au fur et à mesure que  je   peignais. Des enfants, que j’ai photographiés lors de mes voyages au Brésil, dans les  favelas ou auprès d’associations humanitaires.

Je passais des journées entières avec ces enfants. Et j’ai organisé un stage de peinture dont il on fait des dessins d’une puissance incroyable, je leur ai posé des questions, ils racontaient  leur histoire, jamais très belle et surtout triste.

Je garde toujours l’espoir de faire une exposition itinérante avec un organisme humanitaire. Aujourd’hui j’ai une belle série de portraits d’enfants du monde qui attend, des regards percent un témoignage qui j’ai bien l’intention de l’exposer un jour.

Je commencé ce projet  «  PORTRAIT D’ENFANCE » en 1999, mais je ne suis pas pressée. J’arriverai au bout de mon désir, peu  importe le temps qu’il faudra, parce que ce n’est pas qu’un projet, c’est n’est pas que de l’art, c’est beaucoup plus…

4- On pourrait dire que vous êtes une artiste engagée ?

Un soir à Sao Paulo, alors que je me trouvais à l’arrêt d’un feu rouge vitres baisées, j’ai été abordée par  un jeune garçon de douze ans. D’un air agressif il m’a dit : « passe-moi ton argent ! » Choquée je lui ai répondu: « Je n’en ai pas ! »

Et je l’ai regardé droit dans les yeux : « As-tu faim ???  Voilà une pièce achètes-toi du pain ! » Surpris  par mes paroles il s’excusa à deux reprises :

« Disculpa tia. Disculpa Tia. » et suis partie en larmes, ne sachant plus où j’étais…

Cette «  émotion » est à l’origine de ce projet auquel je tiens beaucoup. Ce sont ces émotions que j’essaye de partager. Sans vouloir accuser mais juste témoigner de leur existence, et oser entretenir l’espoir de rendre ce monde un peu plus doux envers ces enfants qui n’ont pas la chance de pouvoir profiter de leur enfance.

5-         Aujourd’hui votre style a beaucoup changé?

Oui, la Côte d’Azur a apporté beaucoup de couleurs et de  lumière dans ma dernière série, mais les enfants sont toujours  présents il suffit de chercher.

6-      Comment définiriez-vous vos oeuvres ?

Je découvre le reflet de moi-même. Une façon très ambiguë de voir les choses et une certaine mélancolie que j’ignorais.  Ce n’est pas facile de  se définir, c’est un travail très personnel et très intérieur. Il ne s’agit pas seulement de peinture décorative. Je dirais que l’on peut acheter une de mes œuvres que par coup de cœur.

7-         Quelle est votre  priorité dans votre travail ?

Il n’y a une priorité qui s’impose d’elle même,  une évolution naturelle qui se fait toute seule, je regarde ce qui se passe  autour de nous, de  notre societé, dans le milieu des arts. J’essaie d’être informée, je découvre des nouvelles matières. Il faut toujours regarder à droite et à gauche, faire attention et d’entendre le quotidien.

L’inspiration est quelque chose de tout à fait imprévisible en ce que me concerne, mais c’est avant tout une maturité dans sa propre recherche, seul le travail, nous fait évoluer.

Très souvent  je suis surprise par un soupport et j’ai le sentiment qu’il prend la place de l’artiste, une oeuvre vit, et bouge à chaque regard et j’aime ça.

8-         Quels sont vous projets ?

Cette année ma priorité ce sont les cours de sculpture. C’est ce que je désirais  faire depuis longtemps. Parallèlement je continuerai à créer et à préparer des expositions notamment dans les pays voisins.

9      – Comment se présentent vos cours de sculpture ?

Tout d’abord j’offre la possibilité aux débutants de faire un cours d’essai, de se familiariser avec la matière et de s’habituer avec un modèle vivant avant une éventuelle inscription. Le but est que ceux qui viendront chez moi aient une réelle envie d’apprendre une fois inscrits.

10    Avez-vous l’impression d’avoir atteint un idéal ?

Je ne suis pas sûre que l’idéal existe chez les vrais artistes, nous sommes  trop exigeants envers nous mêmes, une œuvre même finie n’est pas forcement parfaite. Nous voulons toujours encore et encore, nous améliorer, évoluer………. la souffrance de l’artiste est là, dans les remises en question sans fin. Mais il ne suffit pas de dire : «  je suis un artiste » il faut encore l’assumer.

Une passionnée d’art et de l’art de vivre.

Carpe diem de naissance Celia dit OUI.

Ou privilège de faire partir des ces qui accepte la vie comme le plus beau cadeau qui soit.

Oui, j’accepte le défi, les amours, les  illusions,  consciente ou inconsciente mélange du « bien et du mal » et toutes les surprises que la vie me réserve tous les jours. Celia gouveiac

T. Auguadra  Mars 2005